Lundi 28 avril 2008
Je me sens un peu mieux, et j'ai discuté un peu avec Marthe, ces jours-ci.

Marthe prétend que les mutants (à défaut d'autre noms, nous les avons appelés ainsi) ne peuvent pas être le résultat des radiations seules.
Elle ne sait pas comment ils ont pu entrer dans l'abri, par définition un lieu hermétiquement clos.
Mais elle les a vu se jeter sur tout ce qui passait à leur portée.
Malgré leurs corps difformes, ces choses sont capables d'une vélocité impressionante.
Lors de ma visite à l'abri, mes coups de feu, au delà du fait de m'avoir déboîté une épaule, les avaient fait fuir, mais je n'en avais pas touché un seul.

Marthe m'a expliqué qu'elle m'avait suivi depuis l'abri. Apparemment, j'étais vraiment sonné, parce que je ne l'ai pas entendue ou aperçue durant tout mon trajet. Ceci dit, si l'on considère que je me suis effondré peu de temps après, ce n'est pas étonnant.

Elle pense être la seule survivante de l'abri public. Je n'ai pas la force d'aller vérifier ses dires, je la croirai sur parole.
Elle m'a expliqué qu'il y avait un service de sécurité censé faire la police le temps que l'armée réinstallle un semblant d'ordre à l'extérieur, mais qu'ils ont été massacrés. On les avait formé pour être, au pire, une brigade anti-émeutes. Pas une brigade anti monstres dégénérés sous anabolisants.

Elle a beaucoup parlé. Elle a un peu pleuré aussi. Je me demande si elle avait de la famille, dans cet abri.
De toutes façons, maintenant qu'elle est là, je me vois mal la foutre dehors. Je n'aime pas les gens, mais je sais être reconnaissant quand on me sauve la vie.


Par Conan Sepulchre - Publié dans : Journal en Français
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